Pour la grande majorité des patientes que je reçois au cabinet, c’est un point commun que je retrouve chez elles : une charge mentale élevée, constante, et surtout épuisante.
Qu’elles soient mères, conjointes, professionnelles ou tout à la fois, elles portent — en plus de leurs journées bien remplies — une to-do list mentale interminable, invisible mais bien réelle. Quand leur journée de travail se termine, c’est une deuxième journée qui commence à la maison.
Gérer les imprévus du quotidien, le goûter des enfants à préparer, la réunion parents-profs à laquelle il va falloir se rendre, les rendez-vous de médecin à prendre, la compétition de sport à anticiper, les courses à faire …. ces petites tâches qui peuvent paraître anodines s’accumulent pourtant sans cesse jusqu’à épuiser celles qui s’en occupent.
La charge mentale, c’est ce travail de coordination et d’anticipation constant qui tourne en boucle dans la tête comme un bruit de fond, tout en essayant de performer au travail, d’être disponible pour les autres et de rester « zen ».
En psychologie, on parle d’effort cognitif soutenu, associé à une sursollicitation des fonctions exécutives du cerveau : planification, attention, mémoire de travail. Lorsque ces fonctions sont constamment mobilisées, sans répit, le cerveau s’épuise.
Ce sont surtout les femmes qui sont concernées par le poids de la charge mentale, en 2022 selon un sondage IFOP, 8 femmes sur 10 disaient en souffrir.
Je le constate au quotidien, la charge mentale provoque des angoisses, une fatigue chronique, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration, et un sentiment de débordement, voire d’échec. Cela entraîne chez les personnes qui la subissent une culpabilité, celle d’avoir la sensation de ne pas savoir gérer son foyer.
La charge mentale est évidemment induite et renforcée par notre société historiquement patriarcale, qui a donné à la femme un rôle genré de cheffe de famille (gérer la maison et les enfants). La pression sociale à « tout bien faire » et l’envie de perfectionnisme y sont aussi pour quelque chose.
Pour lutter contre la charge mentale, il faut réfléchir à la répartition réelle et équitable des responsabilités et apprendre à prendre du recul : se décharger mentalement, ce n’est pas « ne rien faire », c’est apprendre à mieux répartir, à poser des limites, à prioriser, et surtout, à reconnaître que cette charge existe.
En parler, c’est essentiel. Parce que ce qui ne se voit pas peut pourtant peser très lourd. Et il est possible d’alléger cette charge !
A bientôt,
Clémence

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