Le déni de grossesse, qu’il soit total (donc qu’il s’achève lors de l’accouchement) ou partiel (découvert au cours de la grossesse), est un phénomène encore incompris et peu étudié.
Il s’agit d’une absence de prise de conscience de la grossesse. Concrètement, la femme porte alors un enfant sans le savoir. Les symptômes de grossesse sont alors soit complètement absents, soit présents mais en étant attribués à d’autres causes (troubles digestifs, prise de poids due à des excès …)
Les femmes concernées par le déni de grossesse peuvent continuer à mener leur vie quotidienne tout à fait normalement.
On parle de déni à partir de la fin du premier trimestre de grossesse, ce mécanisme concerne environ 1 à 3% des grossesses.
Les causes du déni de grossesse sont souvent liées à des mécanismes psychologiques de défense (déni, dissociation…)
Parmi les facteurs les plus courants, on retrouve :
– Le stress psychologique (ex. : situation familiale, professionnelle difficile).
– Des antécédents traumatiques (violence, abus, etc.), qui peuvent rendre la grossesse inadmissible.
– Une grossesse non désirée ou ne pouvant être accueillie décemment (pour des raisons financières ou par peur de l’accouchement par exemple)
Selon certaines études, des facteurs hormonaux ou biologiques, associés à une dysmorphophobie, pourraient également jouer leur rôle dans l’apparition du déni de grossesse.
Un déni de grossesse est un évènement traumatogène. Il peut engendrer des conséquences psychologiques et physiques importantes.
On constate souvent un sentiment de honte, des angoisses, une perte de repères, une détresse émotionnelle importante chez les femmes, qui peuvent ressentir une grande confusion.
Les femmes témoignent aussi d’un grand sentiment de culpabilité, soit induit par la société : on peut leur reprocher de n’avoir rien vu de leur grossesse, ou de n’avoir pas pu créer de lien lors des 9 mois de gestation (on sait maintenant que ces 9 mois sont nécessaires au bon développement du lien mère-enfant, et donc à l’attachement qui en découlera après la naissance) ; cette culpabilité peut-être aussi intérieure, puisque la femme pourra remettre en question sa capacité affective ou matérielle à accueillir son bébé par exemple.
Le déni totalement peut s’avérer dangereux car il empêche le suivi étroit de la grossesse. La grossesse peut se poursuivre sans surveillance adéquate, ce qui peut entraîner des complications pour la mère et l’enfant (accouchement prématuré, malformations non détectées, complications post-partum…)
Quelques chiffres à propos du déni de grossesse :
Le Centre de recherche en santé publique a estimé en 2013 qu’environ 1 à 3% des grossesses sont des dénis.
EN 2017, la revue Psychologie et Santé a révélé que 80% des femmes ayant vécu un déni de grossesse rapportent des symptômes de stress post-traumatique après la prise de conscience de leur grossesse.
Aussi, 70% des femmes en déni de grossesse sont issues de milieux socio-économiques populaires ou ont vécu des traumatismes antérieurs. Il y aurait donc un lien éventuel à faire entre vulnérabilité (voire fragilité), situation financière difficile et risque de déni de grossesse plus élevé.
Face à une femme vivant un déni de grossesse, il est essentiel de faire preuve d’une bienveillance absolue pour limiter la culpabilité et donc l’impact du choc.
Un suivi psychologique, combiné à une prise en charge médicale, permettent d’accompagner en douceur.
N’oublions pas non plus le second parent, qui lui aussi sera exposé au choc et qui aura donc sans doute besoin d’être soutenu !
Si vous ou une personne de votre entourage êtes concerné de près par le déni de grossesse, n’hésitez pas à solliciter un professionnel de la santé mentale pour surmonter cette épreuve.
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Sources des études citées :
Centre de recherche en santé publique (2013), « Le déni de grossesse : un phénomène complexe ».
Psychologie et Santé (2017), « Impact psychologique du déni de grossesse et ses conséquences ».
Parlons déni de grossesse !
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